La Commission interdit l’acquisition d’eTraveli par Booking

Le 25 septembre, en vertu du règlement 139-2004 sur les concentrations, la Commission a interdit le projet d’acquisition d’eTraveli par Booking. Celle-ci a considéré que l’acquisition en cause aurait renforcé la position dominante de Booking sur le marché des agences de voyages en ligne (AVL) dans le domaine hôtelier dans l’Espace économique européen (EEE). Cette opération de concentration aurait été de nature à entraîner des coûts plus élevés pour les hôtels et, potentiellement, pour les consommateurs.

L’acquisition e-Traveli aurait renforcé la domination de Booking en réunissant deux prestataires de services d’AVL de premier plan dans un secteur concentré

L’acquéreur, Booking, en croissance constante ces dix dernières années, est l’AVL dominante dans le domaine hôtelier dans l’EEE avec une part de marché supérieure à 60 %. Confronté sur ce marché à un seul concurrent, important, mais néanmoins bien plus petit, Booking est en mesure de facturer des commissions plus élevées aux hôtels en l’absence de pression concurrentielle suffisante sur les prix. Il bénéficie en outre d’effets de réseau, importants, du fait de l’éventail significatif de son offre hôtelière qui attire un nombre toujours plus grand de consommateurs.

La cible, eTraveli, en deuxième position sur le marché des AVL dans le domaine des voyages aériens en Europe, constitue un concurrent dont l’activité est très complémentaire de celle de Booking. En effet, les services d’AVL dans le secteur aérien génèrent un volume considérable de trafic pour les AVL dans le domaine hôtelier et sont souvent la première étape de planification d’un voyage. L’opération permettrait donc à Booking d’acquérir un canal principal d’acquisition de clients

En étendant l’écosystème de services de voyages de Booking et en augmentant le trafic vers ses plateformes, l’opération aurait renforcé les effets de réseau et les barrières à l’entrée et à l’expansion des AVL concurrentes. Le renforcement de la position dominante de Booking aurait enfin consolidé sa position de négociation par rapport aux hôtels et détourné la demande de circuits de vente moins chers vers Booking, ce qui se serait traduit par des coûts plus élevés pour les hôtels et, potentiellement pour les consommateurs.

Les mesures correctives proposées par Booking ne sont pas de nature à lever les craintes posées par le renforcement de sa position dominante

Booking a proposé certains engagements pour répondre aux préoccupations de concurrence identifiées par la Commission. La société s’est engagée à présenter aux voyageurs qui achèteraient des voyages aériens sur sa plateforme, une interface de sélection sur la page de paiement des vols, qui s’afficherait après l’achat de leurs billets. Sur cette interface, Booking envisageait de présenter diverses offres hôtelières provenant d’AVL concurrentes, permettant aux voyageurs de cliquer sur l’offre les intéressant pour être redirigés vers le site web de l’AVL en question.

Cependant, les mesures proposées n’étaient pas suffisamment complètes et efficaces et n’éliminaient pas entièrement les problèmes de concurrence recensées. La Commission a relevé que les offres d’AVL concurrentes dans le domaine hôtelier n’auraient été affichées que sur la page de règlement des vols, et non à l’occasion d’autres possibilités importantes de ventes croisées. Par ailleurs, KAYAK, filiale de Booking dont l’outil de métarecherche aurait été chargé de la sélection et du classement des offres concurrentes n’aurait pas permis d’en garantir un traitement transparent et non discriminatoire. En outre, le fonctionnement en boîte noire de l’algorithme de KAYAK ne permettait pas un contrôle efficace des engagements proposés.

Au vu de ces éléments, la Commission s’est conséquent opposée à la concentration.

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